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11.

Stan Laferrière Quartet

"Hey Nat !"

Djaz Records CD DJ 537 2


(5 diapasons)

Se mettre dans la peau de Nat, comme Oscar Peterson et Ray Charles avant lui, ou se borner à revisiter son répertoire comme, par exemple, Carmen McRae ou Mark Murphy, c'est se tourner vers le passé. Stan Laferrière essaierait plutôt de rendre une actualité et, dans cette mesure, un avenir à l'inestimable héritage du King. Certes, il se place dans son sillage, mais il ne se contente pas d'embrasser la trace de ses pas. En cinq chansons originales, cinq déclarations d'amour fou, se refusant à n'être qu'un nostalgique, il fait de lui l'objet d'un désir au présent de I'indicatif. Après tout, Nat, révolutionnaire suave et discret, reste aussi moderne que Diana Krall, sinon davantage. II n'est pas inutile de le rappeler et le quartette de Stan s'acquitte de cette tâche avec énormement de grâce et d'efficacité.

A. Gerber (Diapason)

 


 

 

(3 étoiles)

N'essayant pas d'imiter l'inimitable, Stan Laferriere utilise avec habileté les ressources de la formule piano-chant, guitare, basse, batterie-bongos pour interpréter un répertoire bâti autour de compositions personnelles et de titres associés à son idole. II se sert avec beaucoup de goût de sa science de l'arrangement pour distiller un accompagnement au piano qui prolonge remarquablement son chant (Sweet Lorraine). Le saxophoniste Nicolas Montier se révèle un excellent guitariste. Pierre Maingourd signe un remarquable solo dans "It's Only A Paper Moon". Vincent Cordelette et Laurent Bastide assurent un soutien sans faille.
Un bel hommage.

Alain Tomas (Jazzman, avril 2001)

 


 

 

En affichant l'hommage à King Cole, en adoptant son instrumentation et, en partie, son répertoire, Stan Laferriere s'offre à la critique à priori. Mais l'écoute distrait rapidement nos doutes et nos préjugés. La présence de Nat King Cole va, certes, au-delà du projet mais elle n'est pas envahissante. Stan occupe pleinement le terrain, sans révérence ni démagogie, et il est tout le contraire d'un monomaniaque. Chanteur, il est tout aussi proche de Mel Tormé que de Cole. Sa voix un peu nasale n'a pas le charme naturel de celles des monstres sacrés que je viens de citer mais son chant, comme n'importe lequel de ses nombreux moyens d'expression, met en évidence cette qualité primordiale : Stan Laferrière est un Musicien !
"Hey Nat" est, peut-être, avant tout, un grand disque de piano. Ce piano retient constamment l'attention car Stan est à la fois un formidable soliste et un accompagnateur hors pair. Sa conception orchestrale de I'instrument est en relation directe avec son goût et son talent pour l'arrangement. Là encore, le dédicataire ne fait aucune ombre. D'ailleurs, d'autres influences sont décelables, celle, par exemple, de Mel Powell dans I'arrangement de "Makin' Whoppee" (cf le trio avec Paul Quinichette - CD Vanguard 662223). Mais n'ensevelissons pas ce disque sous des références car il pétille d'idées musicales originales.
Les musiciens qui entourent le leader, au disque comme à la scène, ont été triés sur le volet : Nicolas Montier (g), Pierre Maingourd (b), Vincent Cordelette (perc) et Laurent Bataille (dms). La prise de son est parfaite...

Guy Chauvier (Jazz Classique n°15, avril 2001)

 


 

 

Ce Tribute to the Nat King Cole Trio de Stan Laferrière tournait depuis un certain nombre de mois dans les concerts et festivals quand a été enregistré cet album. Sont ici repris, en dehors de "Route 66", les principaux thèmes qui ont fait le succès du fameux chanteur. Les arrangements bien écrits et modernisés de Stan donnent une nouvelle écoute de ces morceaux maintes fois rejoués. Stan Laferrière n'est pas un crooner et sa façon de chanter, celle d'un véritable musicien, apporte un renouveau, tant au plan rythmique qu'harmonique (chant doublé avec le piano, un peu comme Slam Stewart). Ce trio/quartette tourne parfaitement. Le pianiste n'hésite pas à jouer souvent et sa façon d'accompagner le chant met en valeur une belle maîtrise instrumentale et une belle musicalité. II est entouré par de vieux complices qui participent à la réussite de cet album. Nicolas Montier a troqué son ténor contre la guitare (d'Oscar Moore). Il en joue plus qu'honorablement (comme Paul Gonsalves). Ses interventions feraient le bonheur de bien des guitaristes patentés connus ! Cordelette aux percus est très efficace. Maingourd est très présent et Laurent Bataille suit bien le train. Tout ce beau monde joue une musique parfaitement possédée et en respecte bien l'esprit. La très réussie prise de son et le mixage bien réalisé ajoutent à ce bel album.

 


 

 

Félix Sportis (Jazz Hot)

Ce "Tribute to The Nat King Cole Trio" -- après ceux signés par, entre autres, Diana Krall (Impulse) et John Pizzarelli (Rca) -- est un bijou de musicalité et de swing. D'une voix agréable, nuancée, expressive, peut-être un peu moins veloutée que celle de son incomparable modèle dont il reprend quelques grands succès (When I Grow Too Old To Dream, It's Only A Paper Moon, Embraceable You), Stan Laferrière, également pianiste au jeu inspiré, mène à bien son entreprise, aidé en cela par la guitare agile de Montier (cf. Les dialogues guitare-piano de Little Girl) et l'irrésistible pulsation produite par une rythmique exceptionnelle de cohésion et de souplesse. On notera que Laferrière, pour la circonstance, a signé quelques originaux de bonne facture, fidèlement arrangés dans l'esprit du dédicataire (We Like To Bop, avec un enthousiasmant vocal en scat). Soit un hommage reussi à celui qui inventa un jazz de charme dont il fut le roi incontesté.

Claude Oberg (Jazzmag n°516, juin 2001) 1

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