Gérard Badini Super Swing Machine Scriabin's groove 2006
Super Bad Trax SBT 1 - NT099
1. Scriabin's Mood
7. Prélude
Inclassable, inassimilable, superbe, tous publics,
tous terrains, les plus compliqués: la confrontation
de Scriabine et de l'esprit des grands orchestres
de jazz. Gérard Badini, sérieux dandy, saxophoniste
ténor jadis courtisé par les plus grandes formations
américaines. Il peut écrire, diriger, inventer. En 1991,
il a offert des variations étonnantes sur Debussy.
Ici, il organise une rencontre extraordinaire, entre la
musique de Scriabine (interprétée par le pianiste
Igor Tchetuev), dont il sait l'usage qu'en font les
jazzmen modernes (Keith Jarrett), et la musique la
plus roborative de big band. Arrangements parfaits
de Stan Laferrière, pupitres impeccables.
En attendant Ravel, prochain projet de Badini.
(Le Monde)
(Choc Jazzman)
Après avoir rendu visite à Claude Debussy, Gérard Badini
s'est rendu chez l'un de ses contemporains russe à l'extravagant génie,
Alexandre Nicolaï Evitch Scriabine dont Roland de Candé dit, dans
on dictionnaire des musiciens : " Son œuvre, profondément originale,
notamment du point de vue harmonique (on y trouve des exemples étonnants
d'écriture atonale) et trop mal connue ". Et c'est bien pour cette
raison que Gérard Badini a eu l'idée de faire interpréter
par le pianiste Igor Tchetuiev chacune des œuvres originales avant les commentaires
qu'il en avait tirés. Toute la finesse et la sagacité du travail
en profondeur entrepris sur le système harmonique révolutionnaire
mis au point par Scriabine sont, du coup, mis en relief. Cependant que l'on ne
s'y trompe pas : il n'est nul besoin de disséquer "Scriabine's groove"
accord par accord pour l'apprécier. Assisté par Stan Laferrière
pour les orchestrations, Gérard Badini a conçu les partitions qui,
plus qu'elle l'évoquent, prolongent le travail entrepris par Duke Ellington
à l'occasion de ses Suites. Ce que mettent en évidence "Nuances"
dans lequel Philippe Chagne travaille "à la Harry Carney" ou
"Flamme sombre" avec l'intervention successive des solistes -Franck
Guichard, Sylvain Gontard, Jerry Edwards, André Villeger, Robert Meunière-
émergent d'une masse orchestrale qui devient alors un interlocuteur. Quand
on aura vanté la souplesse et l'efficacité de la section rythmique
(Guirlandes), le plaisir pris à entendre à la suite Igor Tchetuiev
et Pierre Christophe, on sera loin d'avoir fait le tour de la question. L'épithète
accolé à la note ci-dessus n'est pas usurpé.
(Jazzman)
Hier il nous éblouissait à force de
groove ellingtonien et d’art « culinaire » aux fourneaux
de sa Swing Machine, accomodant et mitonnant la carte de son «
French Cooking ». S’il a dû aujourd’hui renoncer
à souffler dans son sax, il semble avoir transposé,
et parfois « délégué » ce souffle
à un nouvel avatar de sa Super Swing Machine : après
avoir assaisonné de drive et de swing les thèmes de
son confrère Claude Debussy, voilà qu’il s’est
attaqué à l’oeuvre, parfois mystico délirante
et /ou prophétique, de cette sorte de Sun Ra que fut le le
compositeur Alexandre Scriabine (1872-1915) dans la musique russe.
Rêve de couleurs et utopie cosmologique, frémissement
aux frontières de l’atonalité, exploration des
ailleurs de la gamme traditionnelle européenne, et fascination
des philosophies et sagesse orientale… d’où une
musique complexe et ambitieuse, qui, tout comme l’univers de
Sun Ra à l’aune du jazz, fut parfois moquée, mais
dont l’ « Arkestra » mené par Badini avec
l’aide de son complice, l’astucieux compositeur-arrangeur
Stan Laferrière, a fait son miel. Il est vrai que la seule
lecture du personnel, mélange de pupitres talentieux et de
superbes solistes, suffirait à laisser espérer une telle
réussite.
A noter que le piano est confié à deux virtuoses complémentaires
: l’un plus évidemment « scriabinien », respectueux du
texte originel, l’autre, Pierre Christophe, a qui sa familiarité
avec l’univers foisonnant et polymorphe de Jacki Byard permet de passer
avec une rare élégance des paysages les plus swingant à quelques
tournures plus « classiques » (pour autant que Scriabine puisse être
étiquetté ainsi – on peut d’ailleurs s’interroger
sur ce qu’aurait pu être le rapport au jazz de ce compositeur qui
ne fut pas indifférent aux innovations de Ravel et Debussy…). Autre
façon d’illustrer l’enthousiasme musicien multiforme d’un
Gérard Badini, à qui, en dégustant le « gâteau
sonore » qu’il vient de concocter, l’on souhaite ici le plus
« groovy » 75è anniversaire.
(Jazz Magazine)
Badini et son grand orchestre jouent le répertoire de son disque tout juste
sorti, où il arrange avec respect, amour et cette humour si caractéristique
du jazz, le prince des mélodies classiques russes, Alexandre Scriabine.
Le pianiste Igor Tchetuiev apporte son concours à cette entreprise improbable
et réussie.
(Télérama)
Son précédent CD, Swingin'Marilyn, reprenait quelques thèmes
parmi les plus célèbres de la filmographie de Monroe (Bus Stop,
Some Like It Hot...), après les avoir quelque peu revivifiés. Rien
que de très naturel en somme de la part d'un ténor naturellement
porté sur le swing, et connu pour sa faiblesse coupable envers les vocalistes
toniques : Helen Humes, Alice Babs ou, plus récemment, LaVelle et Dee Dee
Bridgewater. Par contre, la filiation entre Norma Jean Baker (1926-1962) et Scriabin
(1872-1915), aujourd'hui «badinisé», n'est pas évidente
d'emblée. Les partitions atonales d'Alexander Nicolaïevitch n'étant
guère réputées pour déménager. Jugement erroné,
s'il faut en croire Gérard Badini, qui affirme voir dans le compositeur
russe un innovateur en matière d'audaces harmoniques, préfigurant
même les grands défricheurs jazzy. Ce que confirme ici l'arrangeur
Stan Laferrière, qui, en réaménageant groovy quelques pièces
intimistes du pianiste mystique, parraine l'entrée de celui-ci dans le
club fermé des «machinistes du swing».
(Libération)
Gérard Badini ne joue plus de saxophone depuis quelques années.
Mais sa sonorité, l’une des plus belles en France, reste gravée
à jamais sur des disques remarquables de swing et de générosité.
Le musicien se consacre à la direction de son big band et propose un hommage
réussi au compositeur contemporain de Maurice Ravel, Alexandre Scriabine.
Alternant pièces de piano d’origine, interprétées par
Igor Tchetuiev et orchestration jazz signées Stan Laferrière. Le
Gérard Badini Super Swing Machine nous présente sa suite orchestrale
la plus aboutie à ce jour. Si vous n’êtes pas au concert, le
disque est incontournable.